Extrait de la gazette des communes...
Prévention de la délinquance : Jean-Marie Bockel- secrétaire d'état à la justice -formule 15 propositions au chef de l’Etat
Après la vive polémique déclenchée cet été par la série de mesures sécuritaires prises par le gouvernement et alors que le bilan du plan
national de prévention de la délinquance se révèle mitigé, le secrétaire d’Etat à la Justice, Jean-Marie Bockel, a remis le 3 novembre au président de la République un rapport sur la prévention
de la délinquance des mineurs qui fait la part belle à la responsabilisation des parents.
S’appuyant sur un premier rapport réalisé en début d’année par Jean-Yves Ruetsch, les 15 propositions formulées (voir
encadré) par Jean-Marie Bockel s’organisent autour de trois grands « défis » : le soutien à la parentalité, la restauration de la citoyenneté et la reconquête de l’espace public.
Conforter le maire
Evoquant une déstabilisation de l’autorité parentale et la « disparition de la puissance paternelle », le rapport énumère tout d’abord une série de mesures
destinées à « soutenir la parentalité ». « Dans certains quartiers où explose la délinquance juvénile, plus d’un foyer sur deux est une famille monoparentale », constate-t-il, préconisant pour
les foyers recomposés de « confier un statut aux beaux-parents » et de rendre obligatoire « une mise à niveau linguistique et républicaine » pour les parents d’origine étrangère qui ne maîtrisent
pas bien la langue française. Autres mesures avancées : la généralisation des « écoles de parents » ou encore le développement du « coaching parental ».
Soucieux de « conforter le maire dans la chaîne des sanctions », Jean-Marie Bockel met en outre l’accent sur des dispositifs existants, comme les conseils des
droits et devoirs des familles, les contrats de responsabilité parentale, les rappels à l’ordre ou encore les stages parentaux. Autant de mesures déjà réaffirmées dans le plan national mais qui
ne semblent pas, jusque là, avoir séduit les élus locaux.
Repérer les troubles dès 2 ans
Deuxième défi, la restauration de la citoyenneté rassemble plusieurs propositions destinées à prévenir le décrochage scolaire et les comportements violents à
l’école. Le rapport propose ainsi de systématiser des « dispositifs particulièrement innovants » comme les micro-lycées, les établissements de réinsertion scolaire ou encore les « ateliers relais
». Il recommande également de mettre en œuvre « des programmes de prévention » contre le harcèlement et le racket scolaire.
Le secrétaire d’Etat revient par ailleurs sur l’idée d’un repérage précoce des troubles du comportement chez l’enfant, qui avait suscité un tollé en 2005 lorsqu’
elle avait été proposée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). « Cette vulnérabilité pourrait être repérée chez les petits entre deux et trois ans »,
estime-t-il. Autres préconisations formulées au titre de la citoyenneté, le rapport insiste sur la valorisation de la culture française et la nécessité d’une « laïcité plus offensive ».
Réviser la doctrine d’emploi des éducateurs de rue
Dans son dernier chapitre consacré à « la reconquête de l’espace public », le rapport propose de s’attaquer, par un plan spécifique, au phénomène des bandes, et
notamment des bandes de filles, présentées comme « une tendance lourde ».
Jean-Marie Bockel déplore également « le prosélytisme islamique qui offre à ses fidèles une contre-société construite en opposition avec la société d’accueil ».
Partant, il souhaite « un travail de reconquête afin de prémunir les plus jeunes du danger de l’obscurantisme et de la délinquance ».
Parallèlement, le secrétaire d’Etat espère « un message politique fort » pour donner « une meilleure visibilité à la prévention spécialisée ». Il en appelle
cependant à une « rénovation de la doctrine d’emploi des éducateurs de rue », considérés comme « trop liée à la protection de l’enfance ».
De même, le rapport propose une plus grande appropriation de l’espace public par l’autorité judiciaire en inscrivant le juge des enfants « comme membre à part
entière du conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance » et en accélérant les délais d’exécution des mesures éducatives judiciaires.
Des moyens à définir
Sur la question des moyens, Jean-Marie Bockel reste évasif, plaidant en faveur d’une évaluation systématique et se disant juste « convaincu qu’il existe de
multiples leviers » de financement, comme les crédits du fonds social européen dédiés au public en grande difficulté ou le développement des partenariats publics-privés.
Les 15 propositions du rapport
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Développer un véritable programme de « coaching parental » en s’appuyant sur les réseaux d’accompagnement des parents,
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Confier un statut aux beaux-parents,
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Rendre obligatoire la participation des parents signalés à une mise à niveau linguistique,
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Généraliser le conseil de droit et de devoir des familles,
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Généraliser le contrat de responsabilité parentale,
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Faciliter le recours aux poursuites pénales pour les parents défaillants en abrogeant les notions de « motif légitime » ou « d’excuse valable » prévues par les
articles 227-17 et 227-17-1 du Code pénal,
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Mettre en place un repérage précoce des enfants en souffrance,
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Lancer une campagne interactive d’information nationale contre le racket scolaire,
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Développer dès l’école primaire des programmes de prévention des comportements violents et discriminatoires,
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Concevoir et mettre en œuvre une politique de prévention et d’action spécifiquement ciblée sur les bandes de filles,
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Garantir la cohérence de la politique pénale applicable aux mineurs par l’organisation d’une conférence annuelle,
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Elaborer une charte de qualité visant la réduction des délais d’exécution des mesures éducatives judiciaires,
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Faire revenir l’éducateur de rue dans l’espace public,
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Créer dans les écoles de police un module de formation centré sur la connaissance des mineurs et des acteurs de la prévention,
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Généraliser un mouvement de parrainage civique des mineurs en rupture scolaire.
A méditer...
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